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Entretien avec Sophie DÉMARE-LAFONT, Présidente de la Société d’Histoire du Droit

Pouvez-vous nous présenter la Société d’Histoire du Droit? Quelles sont ses missions essentielles ? Ses principales actions ?

La SHD est une association à but non lucratif, créée en 1914 pour promouvoir l’étude et la diffusion de l’histoire du droit français et étranger. Elle a pour vocation d’encourager les recherches dans cette discipline, menées par des spécialistes de toutes les périodes et de toutes les aires géographiques.
De par son objet même, mais également de par sa composition, la SHD a eu dès l’origine une dimension internationale, qu’elle a toujours conservée et qui est un élément fort de son identité. Ses adhérents viennent d’horizons variés : Italie, Belgique, Pays-Bas, Espagne, Allemagne, Autriche, Slovénie, Pologne, Canada… Formés au droit, à l’histoire ou aux sciences que l’on disait auxiliaires (épigraphie, paléographie, papyrologie, anthropologie, sociologie), ils appartiennent pour la plupart au milieu universitaire, des doctorants aux enseignants-chercheurs, et subsidiairement au monde judiciaire.
L’activité de la SHD s’organise autour de deux axes. Il y a d’une part les conférences mensuelles qui ont lieu à Paris entre octobre et mars et balayent des sujets très divers, et d’autre part les Journées internationales annuelles, qui se déroulent tantôt en France, tantôt à l’étranger, et qui examinent une thématique particulière choisie par l’université d’accueil. La mobilité de la SHD est un autre de ses éléments fondateurs, qui témoigne de son ouverture et qui contribue à sa diversité. La Société a ainsi eu l’occasion de sillonner la France et l’Europe, pour créer ou entretenir des liens durables avec un grand nombre de collègues et d’établissements.

Qu’attendez-vous de ces journées rennaises ?

C’est avec grand plaisir que nous irons cette année à Rennes, qui a déjà accueilli deux fois la SHD (en 1959 et en 1994). Je fais confiance à nos collègues pour organiser un beau colloque, qui, dans la tradition des Journées, alliera rigueur scientifique et hospitalité chaleureuse.

Quel bilan tirez-vous des premiers ateliers doctoraux mis en place voici deux ans ?

Il est encore un peu tôt pour faire un bilan. Je me félicite en tout cas de l’esprit dans lequel les deux premiers ateliers ont été menés, grâce à la bienveillance des présidents qui ont généreusement accepté de jouer le jeu, les professeurs J.-M. Carbasse, G. di Renzo Villata et L. Winkel. Il me semble aussi que l’aspect international est important : l’an dernier à Ljubljana, l’atelier a réuni de jeunes chercheurs de Rennes, Paris, Gdansk et Mexico.
Tout ceci va dans le bon sens et je souhaite que nous puissions continuer dans cette lignée.

Envisagez-vous d’autres innovations dans les années à venir ?

Notre effort principal va porter sur le site de la SHD (www.societehistoiredudroit.com). Grâce à l’aide du Bureau, et en particulier à l’efficacité de notre trésorier, le professeur B. Bernabé, nous disposons maintenant d’un outil fort utile. Il permet tout d’abord à nos adhérents d’entrer en contact grâce à l’annuaire. J’attire d’ailleurs l’attention sur la nécessité pour chacun d’aller mettre à jour ses données personnelles, pour tenir le fichier à jour. Par ailleurs, nous allons mettre en ligne très prochainement les fichiers audio des conférences de cette année et des années précédentes ; les documents distribués ou les présentations PowerPoint pourront aussi être accessibles. Ceux qui n’ont pas pu venir à toutes nos séances pourront ainsi prendre connaissance du contenu des conférences, et ceux qui souhaitent les réécouter pourront le faire confortablement, de chez eux. À terme, nous pourrons proposer aussi des fichiers vidéo.

Plus de cent ans après sa fondation, quel rôle joue à vos yeux la SHD au regard des études d’histoire du droit ?

Notre discipline a changé considérablement depuis l’avènement des nouvelles technologies. À l’époque de nos bons maîtres, un savant pouvait maîtriser seul l’ensemble de son champ d’études ; aujourd’hui, le rythme soutenu des publications et la possibilité d’accéder aux sources directement depuis son ordinateur rendent indispensable le travail en équipe et en réseaux. C’est une richesse indéniable, c’est parfois une contrainte. Mais en tout état de cause, la recherche a changé d’échelle et la SHD doit accompagner le mouvement. Elle y est prédisposée par la place qu’elle a toujours réservée aux échanges internationaux et par sa fonction « généraliste » qui couvre toutes les facettes du droit (public, privé, histoire des idées, histoire des sources) et intègre les disciplines proches de sciences humaines.

Avez-vous un souvenir particulier à nous faire partager ?

La célébration du centenaire de notre Société a été pour moi un moment à la fois important et émouvant qui a réuni les anciens présidents et vice-présidents de la SHD aux côtés des prestigieux collègues étrangers qui nous ont honorés de leur présence. Tous portent une mémoire de la discipline et une part des traditions de notre Société, qu’il est essentiel de transmettre aux jeunes générations.

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